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30/09/2019

LE JUST CRAZY SWIMRUNER

Le swimrun…un de ces « nouveaux » sports qui prend la vague dans le petit monde de l’Outdoor ! Parmi ces « pionniers », même si modestement il refuse à se considérer ainsi, se trouve Jean-Christophe Bastiani. Le swimrun est une discipline sportive qui associe trail et nage en eau libre. La plupart du temps, cette pratique est en binôme sur une distance variable tout en alternant course et natation. Inutile de préciser que …C’est INCROYABLEMENT PHYSIQUE ET MENTAL !

« JC » est devenu, il y a un an, ambassadeur de ZULUPACK dans le cadre de la réalisation d’un projet dingue ! Le JUST CRAZY BOY PROJECT : Rallier la frontière espagnole depuis la frontière italienne en moins d’une semaine en swimrun !!

Tout juste rentré de son défi, je me suis empressé de recueillir ses impressions dans une interview freestyle en 7 questions :

 1-Comment t’es venu la passion du Swimrun ?

« Ça fait 25 ans que je fais du sport outdoor ; à mes débuts, je pratiquais l’escalade HAUT NIVEAU JEUNE. J’ai fait parti des tous débuts du Raid Aventure et du Trail en France, j’ai participé au premier UTMB (Ultra trail du Mont Blanc NDLR) il y a maintenant 18 ans. Il y a 4 ans, je suis arrivé dans le swimrun, une discipline incroyable et qui a apporté une nouvelle approche dans mon trail. 50 courses en 3 ans dont celle d’Otillo en Suède. Puis, j’ai tenu à participer à toutes les courses les plus dures. J’ai ensuite crée la SWIMRUN ACADEMY il y a 1 an pour prôner cette pratique qui est un peu comme le carrefour de l’outdoor. L’objectif est véritablement de valoriser le sport pour tous, la mixité ou le handicap et intégré une dimension écolo avec le respect de l’environnement. Je pratique cette activité dans des séminaires, camps que j’organise ou alors en tant que consultant. Sinon…je suis infirmier libéral (Rires). »

 2- Pourquoi ce projet fou ?

« Des projets fous il en faut bien ! Tout les 5/6 ans j’en ai un ! Par exemple, il y a 5 ans j’ai fait 500 kms en street stepper de Toulon à Chamonix. Il y a encore 8 ans, j’étais au Népal pour médicaliser une course à pied, le Solukhumbu Trail. Donc c’est arrivé à ce moment-là, car…c’est arrivé quoi ! (Rires)

Plus concrètement, c’est un défi que je m’étais donné avec un de mes collègues : David Briant, un autre fou furierux. On s’est dit pourquoi ne pas faire toute la côte méditérrannéenne ? Mais finalement je me suis lancé seul sur le projet. Initialement ça devait être en autonomie totale, mais d’autre swimrunners avaient cet objectif. J’ai décidé de leur laisser leur projet, la nature est si belle et j’ai choisi de réaliser ce défi avec une assistance mais quand même en mode guerrier !

Pourquoi JUST CRAZY BOY PROJECT ? On avait demandé à Véronique, une de mes amies athlète et assistante lors de l’aventure, de trouver un nom. Du coup elle est partie des initiales de mon nom : J C B. C’est aussi un clin d’œil à la Crazy TEAM. Notre équipe de fous furieux de l’outdoor ! Du coup c’est même devenu mon surnom.

Le départ s’est fait le 13/09. Je voulais démarrer mon aventure folle un soir de pleine lune pour éviter la frontale et pouvoir nager un peu. J’ai quand même été content de ne pas avoir rencontré de méduse ! La course s’est ensuite terminée le 20/09 après avoir parcouru les 400 kms entre Menton et Martigues. A l’origine, c’était 800km de Menton au Cap Cerbère qui était prévu mais bon… »

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 3- Quel a été ton quotidien pour préparer ce projet ?

« Bosser déjà ! (Rires) Et surtout de bons entrainements avec mon coach. Pour l’anecdote, un jour que je m’entrainais à la nage à contre-courant au printemps dernier, il est tombé sur moi par hasard et on a sympathisé. L’eau était à 6-7 degrés, c’est ma préparation perso pour avoir une bonne résistance au froid. Je me suis ensuite entrainé 4 fois par semaines avec 45 minutes de PowerPlate ou d'Imoove… Ce qui correspond à deux heures d’efforts ! Je pensais que c’était un truc de mémé à l’origine, ben pas du tout !!! Et j’allais tous les jours au lac pour m’entrainer car la natation n’est pas mon sport de prédilection. Il y avait au moins 80kms de nage à gérer sur le parcours prévu. Une et deux heures de nage était ma norme, si possible avec du vent pour avoir une surface de lac instable. Et j’ai fait deux parcours « tests » de 60 bornes en modes Swimrun, avec 13 kilos d’équipement en 3j, idéal pour connaître où j'en étais physiquement. Pour l’alimentation, compote Ultimum et bouffe normale. »

 4-Comment s’est passé ce parcours malgré les blessures ? Ton rythme ?

« En effet, je me suis blessé au tout début du parcours…une tendinite des releveurs du pied gauche. Je ne pouvais plus bouger naturellement. C’est arrivé au deuxième jour, à la sortie de la baie d’Agay. J’avais trop serré mon lacet et je m’en suis rendu compte 5H après…Il faut savoir que c’est une des plus grosses causes d’abandon en ultra trail. En vitesse, j’ai quand même gardé une constante de 8 à 10km/h. Le lendemain de la blessure, sur zone vallonnée en single track, mon pied retrouvait son mouvement et je suis allé de plus en plus vite. La bio mécanique de mon corps de quadra a fait en sorte de trouver une nouvelle façon de courir pour avancer sur 300 bornes restantes. Sinon, je marchais entre 7 et 8 km/h, c'est pas si mal. Pour l’anecdote, j’ai fait Cassis/Marselle en 2h20, en me retrouvant un moment avec un coureur qui avait déjà fait 50km. Tout en discutant on est monté sans nous en rendre compte à 14 km/h dans la descente de la Gineste, grisant de trouver quelqu'un avec qui discuter de mon projet tout en envoyant les watts.. mais je devais etre affreux à voir courir lol !!

Pour la nage, avec l’eau salée on flotte d’avantage, c’est plus simple même s’il y a du courant. J’ai pu avoir une moyenne de 4km en une heure certains jours.

Sinon, un rythme normal Jour/nuit pour 10h d’effort et deux heures de repos. Je dormais soit à l’hôtel, soit dans un sac de couchage sur la plage. »               

 5-Tes meilleurs et pires souvenirs.

« Ce défi a été l’occasion de partager avec les gens. Pour certaines communautés Swimrun , c’était le premier record du monde de Swimrun qui s’établissait. Pour moi, il n’y a pas de record. J’ai simplement « vécu mon swimrun » et mon aventure avec les amis et les followers des réseaux sociaux qui sont venu me rencontrer lors du parcours. Un des plus beaux souvenirs : Deux anciens amis du sud qui sont venus me rejoindre vers Hyères…ça m’a énormément touché !

J’ai toujours été dans un état d’esprit positif. Il n’y a pas eu de moment de mal être. Je faisais ma vie, c’était génial. Si Véronique avait été dispo une semaine de plus, je serais allé jusqu’ au bout, mais j'aurais peut-être dépassé la limite avec mon pied dans cet état quand même. Ce Swimrun a été MON moment de grâce. Vraiment aucun moment de « pas bien », même quand j’avais compris mon erreur lorsque j’ai réalisé que je ne pouvais peut-être plus repartir le lendemain de ma blessure. Ben j’ai décidé de rester dans le positif et de vivre encore plus intensément chaque moment. Le JCBSP c’était d’abord pour me retrouver moi-même. »

 6-Quel a été ton choix de matériel et d’équipe ?

 « 2 équipiers : mon assistance composée de mes amis. Véro est une nageuse qui prépare la traversée de la Manche. J’organise un swimrun chez elle dans trois semaines. 6 bornes avec de la nage à contre-courant dans les bras du loir à Vendôme. Et Pascal Gayet, mon super photographe que j’avais justement rencontré chez Véro. Il a cette capacité d’apporter une explication à chaque photo qu’il prend. Pascal exposera une dizaine de photos à l’Outdoor Expert Forum prochain. 

Pour le matos : du classique. Une combinaison Head ; des chaussures oversize Hoka et ensuite du petit matériel que j’ai découvert au salon Sport Achat. Il y avait des trucs géniaux que j’ai eu le plaisir de tester comme un GPS qui indique les directions par une vibration. J’ai perdu énormément de temps dans les villes car je me suis souvent égaré mais ce GPS m a bien sorti d’affaire. Puis surtout un bon sac étanche, le Borneo 45 de chez ZULUPACK. Avec une bouée à l’intérieur pour avoir plus de flottaison. L’eau n’est jamais rentrée dedans. Je l’ai porté sur des sessions de plus de 40 kms, il ne bougeait pas ! La chest belt était largement suffisante pour la stabilité. Sinon 1 bouteille d’eau, une couverture de survie et un peu d’alimentation suffisait. C’est un très bon sac, à retesté avec encore plus de charge. En zone aventure comme la Camargue, en isolemen totale, ce serait parfait !

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7- Mais au fait…. Quel âge as-tu ?

42 ans !

Moi : XD…Respect !

Pour conclure : Qu’est-ce que cette course t’a apporté et quels sont tes futurs projets ?

« La course m’a apporté ce que je voulais : le partage avec tout le monde et le mélange entre les gens qui sont venu me rejoindre. Francine, une MNS, nutritionniste est venue me rejoindre pour faire mes soins à Sanary par exemple. Ça fait partie des joies du réseau. Véronique a pu donc la rencontrer à ce moment-là et du coup elle va surement travailler avec elle sur sa traversée de la Manche. C’est une vraie aventure humaine qui n’a rien à voir avec un record. J’en ai aussi profité pour faire une heure de plogging par jour. Le dernier jour, sur la Côte Bleu je suis parti en swimrun mode « fast and furious», et j’ai pu ensuite prendre le temps de manger un sandwich sur une calanque. Puis on s’est arrêté près du Camping Paradis de la série pour faire du nettoyage de la plage : deux bouteilles pleines de mégot !

Pour les projets : Dans trois semaines il y a la coupe du monde de Swimrun à Cannes. Je ne ferais que le sprint sur 20km. Je serais en binôme avec Elise Marc, championne du monde et d’Europe de para triathlon. Il faut que les mentalités du sport évoluent, pour intégrer des para triathlètes dans des courses « jugées » impossibles pour eux.

Sinon, une version du JCBSP 2.0 aura lieu l’an prochain. Avec un suivi para médical au sein de l’équipe. Deux véhicules, pas d’hôtel et sur un rythme de 5h-5h non-stop. Ce qui ramène à 15 heures d’efforts par jours.

Puis sans doute une expédition en Géorgie ou au Kirghizstan, avec du matos très light…des tentes à 1000 grammes comme celle de Samaya Equipement , une jeune boite annécienne qui fait du matos de folie et plusieurs autres partenaires rencontrés quand j'ai été membre du jury Outdoor By Ispo en Juin dernier....Et bien sûr toujours avec mon ZULUPACK !! »

 

Une interview pleine de fraicheur et qui fait réfléchir, un grand merci à toi JC et au plaisir de te suivre dans tes prochaines aventures ! 

Propos recueillis par Mathias, Community Manager de ZULUPACK,
Photos: Pascal Gayet Photographies
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